Julio González au Centre Pompidou

Publié le par david castel


Julio González au Centre Pompidou - www.centrepompidou.fr

 

 

Julio González Julio González du 4 JUILLET - 8 OCTOBRE 2007 GALERIE D’ART GRAPHIQUE / GALERIE DU MUSÉE, NIVEAU 4- 500 m2

DESSINS
Autoportrait
v [1914-1918]
Pastel sur papier vert
33 x 25,5 cm
© ADAGP- Coll. Centre Pompidou,
Paris, Dist. RMN
photo : Jacques Faujour

 

Riche d’un fonds exceptionnel de peintures, sculptures, dessins et bijoux, le Centre Pompidou rend hommage au sculpteur catalan Julio González (1876-1942) en présentant environ deux cents de ses oeuvres, issues pour la plupart des donations et legs de la fille de l’artiste, Roberta González.

Figure emblématique de la création artistique du début du XXème siècle, Julio González est le père de la sculpture en fer. Son oeuvre a considérablement influencé la sculpture contemporaine, notamment les praticiens du fer, de David Smith à Eduardo Chillida, de Jean Tinguely à César.

Cette rétrospective s’attache à explorer les grandes étapes de sa démarche artistique: les premières oeuvres figuratives encore sous l’impact de Puvis de Chavannes et du classicisme, le groupe magistral des grandes sculptures linéaires en fer des années 30, les têtes tragiques en bronze ainsi que les figures allégoriques des années de guerre.

Un ensemble documentaire d’archives et de photographies permet de retracer sa vie et son oeuvre. Cette exposition s’accompagne d’un catalogue raisonné de l’ensemble du fonds du Centre Pompidou.

«Julio González est un homme ahurissant. Doué d’une imagination éblouissante, d’une multiplicité de moyens de traduction confondante, il est peintre sculpteur, architecte, verrier, faïencier, meublier ; il forge, martèle, repousse le fer, le cuivre, l’or, le bronze, l’argent, travaille le bois, dessine des robes et des broderies et, de plus, il est d’une telle modestie que, depuis vingt ans qu’il est arrivé de Barcelone, sa ville natale, à Paris, il se cache ; qu’on peut le fréquenter dix ans sans rien connaître de ses oeuvres et qu’il ne se décide à exposer, depuis très peu d’années, que contraint par des amis obstinés.» Préface du catalogue de la première exposition personnelle de Julio González à la galerie Povolozky (1er-15 mars 1922), reprise de Les Hommes du Jour et signée par Alexandre Mercereau

Le parcours, à la fois chronologique et thématique, offre un panorama complet de la création artistique de Julio González, depuis le début du XXème siècle jusqu’à sa disparition en 1942.

L’exposition s’ouvre sur la présentation d’un ensemble de bijoux et de pièces d’art décoratif, exemplaires de son travail d’orfèvre et à l’origine de son travail sur la sculpture métallique.

La première regroupe des peintures, dessins et sculptures de ses débuts, datés entre 1903 et 1913. Portraits, nus classiques et scènes paysannes témoignent d’une approche classiciste tandis que quelques masques en cuivre représentant ses proches (Portrait de Pilar, 1913) marquent l’apparition de ses premières sculptures en métal.

La deuxième salle rassemble exclusivement des sculptures du début des années trente qui témoignent de la variété stylistique deJulio González, mais coïncident également avec le tournant majeur apporté par sa collaboration active avec Pablo Picasso. Les masques en métal découpé (Masque de Pilar au soleil,1929), d’inspiration cubiste, ouvrent le cycle des premières sculptures en fer linéaires comme Don Quichotte (1929-1930). Au centre de la salle est regroupé un ensemble de têtes géométriques à la charnière entre primitivisme et abstraction. Pièce phare de cette section, Tête en profondeur (1930), première oeuvre de l’art du XXème siècle a avoir été classée trésor national, et entrée au Centre Pompidou en 2003 grâce au mécénat de Pernod Ricard. D’autres sculptures comme Le Rêve / Le Baiser (1932-1933) ou La Petite trompette (1932-1933), aux formes aiguës et tranchantes, sont
révélatrices des liens de González avec le surréalisme.

Le passage vers la salle des grandes sculptures monumentales des années 1930-1935, s’annonce avec Femme se coiffant de 1931, qui incarne le concept créé par Julio González d’une sculpture conçue comme «un dessin dans l’espace». La salle se partage entre trois groupes de sculptures réalisées entre 1932 et 1936, qui résument l’alternance, constante chez González, entre abstraction et figuration. Les grandes sculptures linéaires, Femme à la corbeille (1934), La Girafe (1935), L’Ange, L’Insecte, La Danseuse (1935) font face aux figures inspirées de la sculpture antique et archaïque (Petit torse égyptien,1935-1936). Ces oeuvres sont entourées d’études afin de mettre en valeur le travail sur l’épurement progressif de la forme. Enfin, une série de têtes en bronze, tirées à partir de pierres entre 1933 et 1936, illustre ses nouvelles recherches sur le volume, marquées par l’exemple de la statuaire des cathédrales qu’il revendique dans son texte théorique, Picasso et les cathédrales. Picasso sculpteur (1931-1932).

Le parcours se termine avec les oeuvres de la fin des années 1930, jusqu’à sa mort, en 1942. La sculpture monumentale en bronze, La Femme au miroir de 1936-1937, annonce un des thèmes de prédilection de Julio González à la fin de sa vie. Cette oeuvre symbolise de façon allégorique l’espérance face au conflit qui embrase son pays natal, l’Espagne. Il utilise également l’iconographie de La Montserrat, la Vierge catalane, pour dénoncer les souffrances de son peuple. Un ensemble de
dessins et plusieurs sculptures réalistes (Tête de Montserrat criant, 1942, Petite Montserrat effrayée, 1941-1942), ou plus abstraites (Masque de Montserrat criant (1938-1939), traduisent son engagement
à travers un style pathétique. Le thème de la métamorphose occupe également une place importante dans ses dernières recherches. Julio González élabore un cycle de sculptures métamorphiques représentées par les figures de Daphné (1937), aux lignes géométriques, et de l’Homme cactus (1939), dont la structure hérissée de pointes est marquée par le biomorphisme. L’exposition s’achève sur ses ultimes dessins qui reprennent les formes sinueuses et agressives des dernières sculptures. Son dernier Autoportrait, daté de 1941, peint un an avant sa mort, clôt cette exposition.

Au milieu du parcours de l’exposition, une salle documentaire réunissant des dessins réalisés par Roberta González, des photographies et des documents d’archives conservés à la Bibliothèque Kandinsky, retrace la vie et l’oeuvre de Julio González.

Un prêt exceptionnel de la succession González vient compléter la présentation des oeuvres du fonds du Centre Pompidou. La Femme au miroir (1936-1937) est un tirage en bronze de l’oeuvre en fer qui devait être initialement présentée au Pavillon espagnol de l’Exposition internationale de 1937, à Paris,et finalement remplacée par La Montserrat (1937, Amsterdam, Stedelijk Museum). Le prêt rappelle la générosité et la fidélité de la fille de l’artiste et de ses exécutrices testamentaires, Carmen Martinez et Vivianne Grimminger, envers le Centre Pompidou.

 

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Publié dans LAETITIA

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