Ils sont passés si près

Publié le par david castel

Ils sont passés si près

Posté le Lundi 25 juin 2007 @ 19:36:31

Si certains anonymes décrochent leur heure de gloire sur le championnat de France, des grands coureurs ont terminé leur carrière sans maillot tricolore. Tour d'horizon des malchanceux.





Par Antoine Riche


LES SPÉCIALISTES

Dès sa seconde édition en 1908, le championnat de France va connaître son spécialiste des podiums en la personne de Maurice Brocco. Troisième en 1908, « Coco » terminera encore 2e en 1910 et 1913, puis 3e en 1914 et 1919. Brocco a remporté une étape du Tour de France en 1911 et Paris-Bruxelles en 1920. Il termina deux fois sur le podium du Tour de Lombardie : 3e en 1912 et 2e en 1913. A la fin de sa carrière, il remporta plusieurs Six jours aux Etats Unis.
Plus que pour ses podiums au championnat de France, Brocco est connu pour sa mésaventure du Tour 1911 : écarté de la lutte pour la victoire après les Alpes, il monnaie ses services au plus offrant. A cette époque, le Tour se voulait individualiste, surtout pour son directeur Henri Desgrange qui mit Brocco hors course. Ce dernier fait appel, ce qui lui laisse 48 h de répit qu'il met à profit pour remporter l'étape de Bayonne, en narguant Desgrange pendant toute la course. Le lendemain, son appel est rejeté et il quitte le Tour.
Après Brocco, c'est au tour de Romain Bellenger d'enchaîner les podiums : 3e en 1921, 2e en 1923 et 3e en 1925. A chaque fois, il accompagne Francis Pelissier sur le podium. Bellenger termine également 4e de la course en 1922 et 1924.
Lucien Lauk collectionne lui aussi trois podiums : trois troisièmes places en 1941 (zone occupée), 1943 et 1947. Lauk a aussi été champion de France des Aspirants (catégorie entre les indépendants et les pros, plus d'infos sur http://www.memoire-du-cyclisme.net/championnats/chpt_france_aspirants.php) en 1936. En 1951, trois jours avant ses 40 ans, il terminait 6e du championnat.
Plus récemment, Martial Gayant compte aussi trois podiums, trois troisièmes places en 1985, 1987 et 1989. Vainqueur d'étape et maillot jaune sur le Tour en 1987, Gayant a connu les honneurs du maillot tricolore en cyclo-cross en 1983 et 1986. Sur cette course, il est monté sans interruption sur le podium de 1983 à 1989.

L'ARC-EN-CIEL PLUTÔT QUE LE TRICOLORE

Parmi les tricolores champions du Monde sur route, seuls Antonin Magne et Laurent Brochard n'ont pas été champion de France.
Magne a le record des 2e places : quatre en 1932, 1933, 1934 et 1936. Il a aussi terminé 4e en 1935 et 5e en 1937 et 1939. Cette collection le prédestinait à devenir le directeur sportif de Raymond Poulidor. C'est en 1932 qu'il passe le plus près de la victoire : en tête dans la dernière côte, il change de vélo pour le final, mais n'arrive pas à mettre son pied dans le cale-pied et se fait dépasser par Godinat.
Coéquipier de Magne en équipe de France et lui aussi double vainqueur du Tour, André Leducq n'a jamais connu les honneurs du maillot tricolore chez les pros avec lui aussi trois podiums : 2e en 1928 et 3e en 1929 et 1931. Auparavant, il avait été champion de France junior en 1922, amateur en 1924 et 1925 et militaire en 1925.
Lui aussi membre méritant de l'équipe de France, collectionneur de victoires d'étapes (8 en 1930), Charles Pélissier n'a pas réussi à inscrire son nom au palmarès et rejoindre ses frères Henri (champion en 1919) et Francis (champion en 1921, 1923 et 1924). Charles doit se contenter de deux deuxièmes places en 1927 et 1930. En 1930, il est battu, au sprint, par le modeste Roger Bisseron, victime d'une coalition anti-Pélissier de ses adversaires. A eux trois, les Pélissier totalisent 13 podiums. Charles a toutefois remporté trois championnats de France de cross cyclo-pedestre, ancienne dénomination du cyclo-cross (1926, 1927 et 1928).
Quant à Laurent Brochard, deuxième en 1993 et 2005, il a toujours été battu par un de ses équipiers : Jacky Durand, puis Pierrick Fedrigo. En 2005, il semblait s'envoler vers la victoire avant de coincer dans la dernière côte. Toujours en activité, il reste à Brochard une chance d'enfiler un jour le maillot tricolore.

GUIMARD TOMBE MAL

Au début des années 70, Cyrille Guimard passe tout près du titre. Deux fois de suite, le vainqueur de la course est déclassé pour dopage. En 1970, Paul Gutty gagne la course devant Guimard. Gutty contrôlé positif, on imagine donner le titre au sprinteur nantais. C'est alors qu'une vague de contrôles positifs est rendue publique dont celui de Cyrille Guimard aux Quatre Jours de Dunkerque.
Rebelote en 1971. Yves Hézard remporte la course devant Jean Dumont et...Cyrille Guimard. Les deux premiers déclassés, Guimard monte au créneau pour réclamer le maillot qui lui revient, pense-t-il. La FFC laissera le titre vacant. Les rapports entre Cyrille Guimard et Yves Hézard vont se tendre, au point de s'enterrer pendant le championnat 72.
Cyrille Guimard rejoint la liste des bons coureurs français qui n'ont jamais pu décrocher le paletot tricolore. Des bons et des très bons comme Eugène Christophe pro pendant près de 20 ans et qui n'a jamais connu les honneurs du podiums sur la route. Même Jacques Anquetil n'a guère brillé sur les championnats de France avec deux podiums : 3e en 1963 et 1965.

Sources documentaires : La légende des Pélissier, L'encyclopédie illustrée des coureurs français, La fabuleuse histoire du Tour de France et memoire-du-cyclisme.net

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Photo : Cyrille Guimard, vert de rage de n'avoir pas pu enfiler le maillot de champion de France sur route.
Crédit : carte postale Fagor-Mercier sur wielerarchieven.be


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Publié dans LAETITIA

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