Les délicieuses trouvailles de la chanteuse Agnès Debord

Publié le par david castel

Compte rendu
 
LE MONDE | 13.06.07 | 15h37  •  Mis à jour le 13.06.07 | 15h37
Agnès Debord dans le spectacle "Dans l'air..." au Théâtre du Petit-Gymnase à Paris, jusqu'au 25 juin 2007. | D.R. Agnès Debord dans le spectacle "Dans l'air..." au Théâtre du Petit-Gymnase à Paris, jusqu'au 25 juin 2007.

D.R.
ur la droite du Théâtre du Gymnase Marie-Bell, à Paris, une petite entrée, presque invisible. Quelques marches pour grimper, un couloir, puis c'est la descente vers le Petit-Gymnase, jolie salle dans les profondeurs. Et là, à peine le noir fait, Agnès Debord vous happe. Riante et triste, rêveuse et fantasque avec une petite vingtaine de chansons, la plus ancienne remontant à 1900 (L'Amour pompette), la plus récente à 2006.

Le répertoire d'Agnès Debord puise dans les chansons bêtes et les romances du XXe siècle, avec quelques compositions de sa main. Déjà remarquée avec les spectacles L'Amour vache et L'Amour toujours, elle est accompagnée de Daniel Glet au piano et de David Ménard à la batterie. L'un et l'autre amenant par touches subtiles des éléments de comédie.

La jeune femme, belle voix, beaux gestes, débute par J'ai un faible pour les forts (1932), un classique souvent traité en marche de cavalerie. Cette faiblesse pour "les forts, les toréadors, les conquistadors", elle la rend plus hésitante, moins affirmée. Le parti pris renouvelle la chanson. Il y aura comme cela avec son spectacle Dans l'air... plein de trouvailles d'interprétation.

Pas sur la bouche - "ça m'effarouche" - passe ainsi de son ambiance 1925 à celle plus BB des années 1960. Dans Le Fils de la femme-poisson, un Trenet de 1936, elle atteint la stratosphère du bringuezingue. Et puis, il y a ce magnifique texte de Colette Renard, Les Nuits d'une demoiselle où comment susurrer avec élégance les manières de se prodiguer des caresses : "Je m'fais béliner le joyau. (...) Je m'fais foyer le coeur fendu (...)." Un délice en vingt-huit vers.

 


"Dans l'air..." Théâtre du Petit-Gymnase, 38, bd Bonne-Nouvelle, Paris-10e. Mo Bonne-Nouvelle. Tél. : 01-42-46-94-82. Tous les lundis, à 19 heures, jusqu'au 25 juin. 18 €.

"L'Amour vache". Festival Solstice, chapiteau, place Firmin-Gémier, Antony (Hauts-de-Seine). Le 20 juin, à 19 heures. Entrée libre.


Sylvain Siclier
Article paru dans l'édition du 14.06.07
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Publié dans LAETITIA

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