C’est un record dont Clermont se passerait bien. Avec sept finales perdues en autant de tentatives, le club auvergnat est une référence en la matière. Mieux encore que les footballeurs nîmois (quatre finales perdues) ou les basketteurs de Nancy (trois). En 1936, 1937, 1970, 1978, 1994, 1999 et 2001, Montferrand s’est cassé les dents sur la dernière marche, laissant filer le Bouclier de Brennus partir vers d’autres cieux que la salle des trophées du stade Marcel-Michelin. Certains y voient une sorte de malédiction, d’autres une incapacité chronique à remporter les matchs couperets. Souvent placés mais jamais gagnants, les Montferrandais ont l’occasion de mettre un terme à cette série noire samedi au Stade de France face aux Parisiens. Forcément, dès leur qualification obtenue le week-end dernier après la victoire face à Toulouse (20-15), la question est revenue dans toutes les conversations.
« Le passé, je m’en fous, lance le demi de mêlée international Pierre Mignoni qui avait un temps pensé à quitter l’ASM la saison dernière. Ce sera ma première finale de championnat de France et ça le sera d’ailleurs pour beaucoup de mes coéquipiers. J’ai beaucoup de respect pour les anciens qui ont perdu des finales avec Clermont. Mais tout cela, c’est du passé. Nous avons joué une finale y a quelques semaines et on l’a gagnée. » (ndlr : succès contre Bath en Challenge européen) « On ne regarde pas en derrière mais devant, ajoute l’entraîneur Vern Cotter. Nous n’avons d’ailleurs pas évoqué cela entre nous. On doit se concentrer sur ce qui est maîtrisable. Les joueurs n’ont pas vécu les phases finales depuis longtemps et ils veulent aller au bout. »
Privé de titre, le club cher à la famille Michelin déborde d’appétit aujourd’hui. Et les échecs répétés semblent avoir donné un surplus de motivation à un groupe enfin décomplexé. « Toutes les années de galère nous ont fait grandir, reconnaît le capitaine Aurélien Rougerie, auteur d’un sublime essai à Marseille la semaine passée. Contrairement à la finale contre Bath, on a par exemple bien gardé le ballon pour bien négocier les dernières minutes face à Toulouse. Nous avons su tirer les bonnes choses des expériences passées. Le passé du club est assez lourd avec sept finales perdues. Nous avons évidemment tous envie de faire quelque chose de bien et de graver notre nom au palmarès. » Enfin…