Sarkozy se dirige vers une victoire écrasante

Publié le par david castel

Elections législatives 2007
Sarkozy se dirige vers une victoire écrasante aux législatives

Par John Lichfield, à Paris

The Independent, le 1er juin 2007
article original : "Sarkozy heads for parliamentary landslide"

Le Président Nicolas Sarkozy, omniprésent, hyperactif et très haut dans les sondages, semble se diriger vers une victoire écrasante aux législatives françaises qui auront lieu ce mois-ci.

Selon les tout derniers sondages, le parti de droite de M. Sarkozy et ses alliés du centre pourraient obtenir jusqu'à 430 sièges sur 577 à l'Assemblée Nationale, dans l'élection à deux tours des 10 et 17 juin.

Un tel raz-de-marée n'est pas sans précédent. La droite a même fait mieux en 1993. Mais une victoire électorale écrasante placerait le Président Sarkozy en position de commandement - politiquement et moralement - pour faire passer en force son programme de réformes économiques et sociales.

Un parlement ayant lourdement basculé à droite pourrait aussi s'avérer dangereux - pas tant pour M. Sarkozy lui-même.

Ses deux premières semaines d'action tout azimut, brillantes et accommodantes, au pouvoir ont impressionné beaucoup de Français, tant à gauche qu'à droite. Cependant, M. Sarkozy a aussi confirmé les craintes selon lesquelles il a l'intention de casser la division traditionnelle du travail au sein du gouvernement français et d'utiliser la présidence, autrefois distante, comme une sorte de super premier ministère.

Une Assemblée Nationale lourdement dominée par l'UMP de Nicolas Sarkozy renforcerait l'impression d'un pays dominé, comme jamais auparavant, par un seul homme.

Il y a eu quelque consternation en début de semaine - même à l'intérieur de son propre camp - lorsque le Président Sarkozy a rompu avec la tradition constitutionnelle et a fait un discours lors d'un rassemblement électoral de l'UMP au Havre. Les précédents présidents de la Cinquième République avaient maintenu l'illusion de se tenir à l'écart des sales affaires partisanes de la politique parlementaire.

M. Sarkozy a aussi trouvé le temps de se rendre en Allemagne, en Italie et en Espagne ; d'engager des discussions avec les employeurs et les syndicats ; de rendre visite aux ouvriers à Dunkerque et à Toulouse ; et de faire son jogging quotidien au Bois de Boulogne.

On prévoit que les Socialistes, le principal parti d'opposition, ne remporteront que 100 à 142 sièges. Ils espèrent que le style "bien fait pour toi" de M. Sarkozy pourrait encore les aider à mobiliser le tiers des électeurs français qui ne peuvent pas piffer le nouveau président. Hier, à la conférence de presse quotidienne des Socialistes, Annick Lepetit, une adjointe à la mairie de Paris, a déclaré que le "Sarkozysme" était un "cinéma permanent à un seul homme".

"Il joue tous les rôles", a-t-elle déclaré, "auteur, scénariste, réalisateur et même chef opérateur". Derrière cette "illusion", les Socialistes arguent qu'il est un homme politique de la "droite dure", qui offrira des milliards d'Euros en réduction d'impôt aux riches et récupèrera l'argent en augmentant le taux de TVA.

Jusqu'à présent, la campagne socialiste n'a pas réussi à avoir beaucoup d'impact. Depuis la victoire présidentielle de M. Sarkozy le 6 mai, les militants du parti sont épuisés et démoralisés. Les dirigeants du parti, quant à eux, y compris la candidate défaite Ségolène Royal, se sont chamaillé sur celui ou celle qui devrait émerger comme "leader de fait de l'opposition" et comme futur candidat à la présidentielle de 2012.

La campagne législative s'avère tout aussi désastreuse pour le dirigeant centriste, François Bayrou. Enhardi avec ses 18% au premier tour des élections présidentielles, M. Bayrou a dissout son ancien parti, l'UDF, qui était l'allié traditionnel de la droite. Il a créé un nouveau Mouvement Démocrate, qui a refusé tout accord électoral avec le camp de Sarkozy. A l'exception d'une poignée de députés, la plupart des 29 députés UDF de M. Bayrou ont rompu les rangs et créé un autre parti, le Nouveau Centre, qui n'est pas beaucoup plus qu'une annexe de l'UMP.

En conséquence, on prévoit que le parti de M. Bayrou n'obtiendra que 10% des suffrages au premier tour des législatives de dimanche en huit. Les projections lui accordent au plus 6 sièges dans la nouvelle assemblée nationale - voire, ce qui n'est pas impossible, aucun.

Traduction [JFG-QuestionsCritiques]
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Publié dans Découpage électoral

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