A Lyon, l'UMP présentera un candidat contre Mme Comparini, la sortante UDF
Anne-Marie Comparini, députée UDF du Rhône. AFP/MARTIN BUREAU
LE MONDE | 11.05.07 | 16h21 • Mis à jour le 11.05.07 | 16h21
L'appel tombe à pic : l'UMP a annoncé, le même jour, que son secrétaire fédéral avait été investi dans la 1re circonscription du Rhône pour tenter de ravir le siège de la députée UDF sortante Anne-Marie Comparini, qui figure parmi les quatre députés restés fidèles à M. Bayrou. "Anne-Marie Comparini a choisi de ne pas s'inscrire dans la majorité présidentielle. Il était de notre devoir de présenter un candidat qui porte les orientations de Nicolas Sarkozy", tranche Dominique Perben, le chef de file de l'UMP à Lyon. "Ne pas présenter de candidat aurait été un déni de démocratie", ajoute le secrétaire départemental de l'UMP, Michel Havard.
"ON NÉGOCIE EN COULISSES !"
L'UDF sait désormais que le seul siège qu'elle détient à Lyon dépendra d'un éventuel accord de désistement avec les socialistes. Ces derniers espèrent, de leur côté, sauver, avec le concours des centristes, des circonscriptions menacées, comme Villeurbanne. Mais, officiellement, le patron de l'UDF lyonnais, Michel Mercier, continue de défendre la stratégie d'indépendance énoncée par M. Bayrou. "Nous ne voulons pas nous inscrire dans un système d'accord mais dans un système de responsabilité. Nous voulons construire un parti libre et indépendant, ce n'est pas pour nous inféoder au PS. Ce sont aux électeurs de décider", explique le trésorier de M. Bayrou, qui reconnaît toutefois que, pour lui, la circonscription de Mme Comparini a valeur "symbolique". Les socialistes et les centristes se sont entendus pour se revoir au soir du premier tour. Face à ces nouvelles avancées, M. Perben dénonce "les combinaisons de partis". "Votez bonnes gens, on négocie en coulisses !", s'insurge le ministre des transports.
L'enjeu des élections à Lyon dépasse le cadre des législatives. M. Perben en a fait "la première étape de sa reconquête de Lyon". Lui-même a décidé d'être candidat. En quête de légitimité auprès des Lyonnais, qu'il ne parvient toujours pas à convaincre quatre ans après son parachutage, le ministre des transports a effectué un véritable putsch dans la 4e circonscription. Passant outre la volonté du député UMP sortant, Christian Philip, de solliciter un nouveau mandat, M. Perben, en l'absence de tout vote des militants, a jeté son dévolu sur sa circonscription, taillée sur mesure pour la droite, où Nicolas Sarkozy a réalisé, au second tour de la présidentielle, près de 60 % des voix.
Après avoir promis quelques belles nominations à Christian Philip en échange de son retrait, l'UMP n'a trouvé qu'une parade : exclure le député sortant qui refuse de se soumettre. Au nom de la stratégie présidentielle.