Bolloré a bien passé quelques contrats avec l’Etat
Contrairement aux affirmations de son patron et de Nicolas Sarkozy, le groupe a bénéficié de plusieurs marchés publics. De «petits contrats», minimise-t-on dans l’entourage de Bolloré.
Vincent Bolloré l’avait affirmé après la polémique née du prêt de son yacht au futur chef de l’Etat : son groupe n’a «jamais eu aucune relation commerciale avec l'Etat français». Une affirmation également relayée par Nicolas Sarkozy, pour qui le patron français «n'a jamais travaillé avec l'Etat».
A lire le Journal Officiel, la réalité est quelque peu différente. Il suffit d’une petite recherche sur son site web pour retrouver trace d’au moins deux marchés publics attribués au groupe ces dernières années.
Un premier marché «sensible», celui du traitement de la valise diplomatique «fret» du ministère des Affaires étrangères, est attribué le 10 août 2006 à SDV, une société de logistique, filiale du groupe Bolloré. Montant du marché : 1,4 à 5,6 millions d’euros hors taxes, «pour une durée de 48 mois».
Un autre marché est passé le 17 juin 2005 entre la même société SDV et le ministère de la Défense. Il s’agissait cette fois d’un «transport de fret par voie aérienne commerciale», pour un montant de 36 millions d’euros hors taxes.
Affirmations «ridicules», selon Bolloré
Interrogé par lefigaro.fr, l’entourage du groupe Bolloré juge ces affirmations «ridicules». «Les contrats cités représentent moins de 50 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires de 6 milliards. Bolloré est un groupe qui fait 99,2% de son chiffre d’affaires avec le privé». Même s’il reconnaît avoir «quelques petits contrats qui traînent», le groupe insiste sur le fait que «très peu d’autres grandes entreprises françaises ont aussi peu de liens commerciaux avec l’Etat».
Par ailleurs, la section CGT de France 3 a affirmé dans un communiqué que le groupe Bolloré était également actionnaire à hauteur de 40,6% d’Euro Media Télévision, qui détient la Société Française de Production, qui bénéficie de commandes publiques, notamment pour la location de studios. L’un de ces espaces a d’ailleurs abrité le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
Pour Bolloré, cette affirmation est avant tout emblématique des «petits règlements de compte des syndicats avec France 3». Le groupe est «actionnaire minoritaire de la SFP et n'a «aucun pouvoir de décision», assure l'entourage de Bolloré, pour qui cet exemple montre «à quel point on cherche la petite bête» dans cette affaire.