Présentation

Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /Nov /2007 21:17
Un petit enfant, sans bras, est à la piscine avec sa classe.
Quand le maître nageur demande à la classe qui sait nager, le petit répond:
"Moi Monsieur, Moi Monsieur ! "
"mais, mon petit, ne dit pas de bêtises."
" Si si Monsieur ! "
Et le petit saute dans l'eau pour prouver ses dires. Une fois dans l'eau, il arrive à nager et se débrouille même plutôt bien.
De retour sur le bord, le maître nageur lui demande :
"C'est bien mon petit, mais qui t'a appris à nager ? "
" C'est mon Papa, toutes les semaines, il m'amène à la mer et me jette dans l'eau, il faut que je revienne à la nage."
" Et c'est pas trop dur ?"
"Non, le plus dur, c'est d'arriver à sortir du sac en plastique. "

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Si c'est trop horrible arrêtez là !

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A l'école, la maîtresse demande aux élèves de raconter un évènement inhabituel qui leur est arrivé récemment. Plus tard elle demande à quelques élèves de lire leur texte.
Arthur se lève et commence:
"La semaine dernière, papa est tombé dans le puits au fond du jardin."
"Doux Jésus, s'exclame le maîtresse, il va bien au moins ? "
"Je suppose répond Arthur. Il a arrêté d'appeler à l'aide hier. "

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Toujours là ? alors on continue .

!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Quelques jours après la rentrée des classes, on procède à la traditionnelle photo de classe.
La semaine suivante, l'institutrice essaie évidemment de persuader les
enfants d'en acheter une chacun.
"Pensez à l'avenir, vous serez bien contents dans quelques années, quand vous serez grands, de vous dire en regardant la photo: " tiens, là c'est
Julie, elle est médecin maintenant" ou encore "là c'est Kévin, il est ingénieur et là c'est Amélie, elle est manucure"......
A ce moment une petite voix se fait entendre du fond de la classe:
" Et là c'est la maîtresse Mme Planchon, elle est morte ! "

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les enfants sont terribles NON ?
allez une dernière..... la pire !

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C'est une sage femme qui se rend chez le boucher.
"Bonjour, le voudrais 450 g de petite saucisse SVP Et le boucher coupe un morceau qui pèse pile poil 450g"
"Un coup de chance", dit la dame
" Oh non juste 30 ans de métier madame. "
Elle se dit qu'elle va l'avoir et demande 225 g de pâté de foie.
Et le boucher lui coupe un morceau de 225 g.
" Vous voyez que ce n'est pas un coup de chance"
Quand tout à coup, on crie à l'aide car une femme est en train d'accoucher dans la rue, sur le trottoir.
La sage femme accourt et met au monde un petit bébé.
" 3kg 800 ! "dit-elle.
" Ah non, 3kg700 !" répond le boucher.
Pour être fixé, le boucher demande à son apprenti de prendre le bébé et d'aller le peser.
"2kg300," clame l'apprenti depuis l'arrière boutique
Le boucher et la sage femme sont tout deux étonnés de se tromper d'autant
"Tu es sûr ? demande le boucher à son apprenti ?
"Ah oui 2kg300, vidé et désossé "!

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Vraiment ignoble !!!
allez, puisque vous insistez en voici encore une...........

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M. Tremblay apprend que sa femme vient d'avoir un terrible accident. Il accourt à l'hôpital et demande pour la voir.
On lui répond que le Dr. Smith s'occupe de son dossier et qu'il viendra le rencontrer dans une quinzaine de minutes afin de faire le point sur l'état de santé de son épouse.
Lorsque le docteur entre dans la salle d'attente, il aperçoit M. Tremblay complètement paniqué. Le Dr. Smith s'assoit à ses côtés et lui dit :
" Les nouvelles ne sont pas très bonnes, M. Tremblay. Votre femme a eu un accident de la route et sa colonne est fracturée a deux endroits."
"Mon Dieu, répond M. Tremblay. Remarchera-t-elle un jour ? "
" J'ai bien peur que non. C'est inopérable. Vous devrez vous en occuper jusqu'à la fin de ses jours. Vous allez devoir la nourrir chaques jours."
L'époux se met alors à pleurer.
" Ce n'est pas tout, vous allez devoir la retourner dans son lit toutes les deux heures afin d'éviter d'autres complications."
L'époux n'en peut plus, il est alors incapable de s'arrêter de pleurer.
" Et évidemment, vous devrez changer ses couches car elle n'a plus le contrôle ni de sa vessie ni de ses intestins Vous devrez les changer environ 6 fois par jour. "
M. Tremblay ne se contrôle plus et perd momentanément le nord. Il devient hystérique et se prend la tête à deux mains.
C'est à ce moment que le docteur lui pose une main sur l'épaule et lui dit :

"Je rigole, elle est déjà morte " !
 
Par david castel - Publié dans : a l'étranger
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Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /Nov /2007 21:16
[Souvent, du côté palestinien, les projets communs de coopération
israélo-palestiniens sont critiqués par les radicaux, en général pour «
collaboration » (avec l¹ennemi). Walid Salem, qui travaille depuis de
nombreuses années à des projets de ce type, répond à ses détracteurs
palestiniens. A noter qu¹il y a deux ans, il a publié un article en réponse
au président iranien Ahmadinejad qui avait déclaré vouloir « rayer Israël de
la carte » : http://www.lapaixmaintenant.org/article1177]
 
 
Daily Star (Beyrouth), 21 novembre 2007
article diffusé à l¹origine par Bitterlemons (www.
bitterlemons-international.org) puis par MiddleEastWeb
 
http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=1&categ_id=5&article_id=8
6915
 
Il faut davantage de « normalisation » entre Palestiniens et Israéliens
Walid Salem*
 
Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant
 
 
Dans le monde arabe et musulman, on considère la normalisation comme un
processus consistant à établir des relations réciproques avec Israël dans
tous les domaines, politique, économique, social, culturel, éducatif,
judiciaire et sécuritaire. Ceux qui s¹opposent à une telle « normalisation »
se divisent en deux groupes : pour les uns, Israël a été créé sur une terre
musulmane et palestinienne aux dépens du peuple palestinien, véritable
propriétaire de la terre, qui en conséquence est devenu réfugié hors de son
pays. Pour les autres, la « normalisation » est acceptable, mais seulement
après qu¹Israël se sera retiré des territoires palestiniens et des autres
territoires arabes qu¹il occupe depuis 1967. Certains ajoutent que le droit
au retour des réfugiés palestiniens en Israël proprement dit (soit dans les
frontières de 1967, ndt) devra être mis en ¦uvre avant toute normalisation.
 
Alors que le débat avec le premier groupe se déroule sur le plan
idéologique, la discussion avec le second est de nature politique. D¹une
part, il s¹agit du prix à payer et des concessions réciproques qui doivent
être faites pour parvenir à la paix. De l¹autre, il s¹agit du processus de
paix et de la question de savoir si ce processus doit ou non inclure une
forme quelconque de dialogue et de contact avec l¹autre côté.
 
Mais peut-on qualifier de « normalisation » les formes actuelles de contact
et de dialogue entre les deux côtés ? Par définition, une normalisation ne
peut intervenir qu¹entre deux Etats. L¹Etat palestinien n¹existant pas, ce
type de normalisation n¹est pas encore possible. Mais alors, quels sont les
buts des formes actuelles de contact et de dialogue s¹il ne s¹agit pas de
normalisation ?
 
Les contacts ont commencé entre membres de groupes marxistes des deux côtés,
dès la création de l¹Etat d¹Israël. Ces contacts étaient en continuité avec
leurs relations de camaraderie entre membres de mêmes partis politiques
avant 1948. Les contacts officiels de l¹OLP avec Israël ont commencé dans
les années 70, avec ce qu¹on appelait à l¹époque « les mouvements juifs qui
soutiennent les droits du peuple palestinien. » Ces contacts officiels ont
évolué avec les objectifs palestiniens tels qu¹ils étaient définis par L¹OLP
: de la « libération de toute la Palestine » à l¹acceptation de « la
création d¹une Autorité nationale sur tout territoire libéré » (résolution
du Conseil national palestinien, 1974) puis à « la création d¹un Etat
palestinien à côté d¹Israël (résolution du Conseil national palestinien,
1988).
 
Avant la Déclaration de principes israélo-palestinienne de 1993 (Oslo), les
contacts israélo-palestiniens se déroulaient à deux niveaux : des
négociations secrètes entre représentants officiels des deux côtés, et des
négociations entre universitaires et dirigeants d¹ONG. Ces deux pistes
suivies avaient pour objectif de chercher les moyens de mener à bien la
solution de deux Etats. Ainsi, pour un certain nombre de Palestiniens, ces
deux formes de contact représentaient une forme de lutte pour les droits des
Palestiniens.
 
En plus de ces deux pistes, il y a toujours eu, depuis 1967, une troisième,
la « piste de la solidarité », qui a vu et voit encore des organisations
israéliennes de gauche mener des actions en solidarité avec le peuple
palestinien.
 
Après les accords d¹Oslo, de nouvelles approches se sont développées,
impliquant des contacts de personnes à personnes. Une étude réalisée par
l¹auteur de ces lignes a montré que ces approches nouvelles comprennent a)
l¹approche par le contact humain dans différents secteurs, comme les
universitaires, les jeunes, les femmes, etc. ; b) l¹approche par « le soin
par la réconciliation », qui concerne surtout les familles endeuillées ; et
c) la « coordination et la préparation de chacune des opinions publiques »
avec pour objectif de consolider le soutien à des accords de paix suggérés,
approche qui a conduit à la déclaration Nusseibeh-Ayalon (1) et à
l¹Initiative de Genève.
 
Cette troisième catégorie est une sorte d¹engagement politique qu¹on peut
accepter ou refuser, mais on ne peut en aucun cas la qualifier de «
normalisation », surtout si ce terme sert à accuser de collaborer avec
l¹autre côté aux dépens du peuple palestinien. La deuxième approche consiste
à rapprocher des familles endeuillées pour soigner leurs blessures. En tant
que telle, elle peut contribuer à créer davantage de compréhension entre des
gens issus des deux peuples, qui, à leur tour, aideront à bâtir la paix
entre les gens et non plus seulement entre les dirigeants.
 
La première approche est celle qui a suscité le plus de critiques. La
critique la plus communément exprimée est que des projets de cette sorte
créent une fausse image de relations « normales » (différente de la
normalisation définie plus haut), comme s¹il n¹y avait ni occupants ni
occupés, et comme si les deux côtés étaient en quelque sorte sur un pied
d¹égalité. Beaucoup de ces critiques ont d¹ailleurs été formulées par les
initiateurs de ces projets eux-mêmes, qui se sont fixé pour but de modifier
les projets futurs afin de ne jamais biaiser la réalité, mais plutôt de
travailler dans le contexte de cette réalité pour une solution qui ne soit
aux dépens ni de l¹un ni de l¹autre des côtés.
 
Au-delà de la rhétorique politique et des accusations, la plupart des
Palestiniens qui s¹engagent dans des projets communs le font parce qu¹ils
sont persuadés qu¹il s¹agit d¹une manière de parvenir à la solution de deux
Etats. Et ils considèrent également que l¹autre côté croit sincèrement à la
même chose. Par conséquent, ils ont le sentiment que le fait de boycotter ou
d¹éviter de travailler avec ces groupes israélo-palestiniens nuit à la
solution de deux Etats.
 
Il ne s¹agit pas ici de dire que les relations entre les deux côtés sont
faciles. Les Palestiniens engagés dans ces projets sont des patriotes, comme
le sont les Israéliens. Souvent, cela crée de fortes tensions avant que les
deux groupes trouvent un quelconque terrain d¹entente.
 
Malgré ces difficultés, cette approche demeure une voie vers la solution de
deux Etats. Le problème n¹est pas que ces actions communes existent, mais
qu¹il n¹en existe pas assez pour véritablement peser sur la balance.
 
 
(1) Voir le texte de la déclaration Nusseibeh-Ayalon :
http://www.lapaixmaintenant.org/communique186
 
 
* Walid Salem dirige la Society for Democracy and Community Development à
Jérusalem Est. Il est l¹auteur de nombreux ouvrages et articles sur la
démocratie, la citoyenneté, le développement de la société civile, la paix
israélo-palestinienne et les réfugiés.
 
Par david castel - Publié dans : Peace In The Middle East
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 12:08

 

Sébastien Lapaque
22/11/2007 | Mise à jour : 11:55 |
Commentaires 7
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« La critique déconne, je suis le phénomène et s’il s’agit de faire le pitre, c’est dans mes cordes», constate l’écrivain. (AFP)
« La critique déconne, je suis le phénomène et s’il s’agit de faire le pitre, c’est dans mes cordes», constate l’écrivain. (AFP) Crédits photo : AFP

Une correspondance avec sa secrétaire particulière, un coffret de deux DVD et un document littéraire : trois nouvelles pièces à verser au dossier de l’écrivain maudit.

Dans les dernières années de la Quatrième et les premières années de la Cinquième, tandis que la France twistait sur fond de gaullisme, la visite à Meudon, où Louis-Ferdinand Céline, docteur Destouches, s’était installé après son retour du Danemark en septembre 1951, faisait figure de pèlerinage pour les esprits forts. Roger Nimier se faisait une gloire d’aller saluer en Aston Martin l’auteur de Voyage au bout de la nuit et Lucette Almanzor, son épouse, dans leur villa Louis-Philippe de la route des Gardes.

« C’est Lucette qui a trouvé la maison dans ce coin, envahie par les ronces, les orties, écrira Dominique de Roux dans La Mort de L.-F. Céline. Des arbustes au flanc de la colline. Il n’y a pas de chauffage. La cuisine est inexistante. Il faut remuer les pierres. Ils sont arrivés en taxi, et voilà ce lieu inhabitable qui donne sur les usines Renault, sur Paris, sur la tour Eiffel inévitablement. Ils sont descendus. Le chat s’est faufilé. » À l’entrée du jardin, une plaque indiquait simplement : « Dr L.-F. DESTOUCHES - DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS - DE 14 H A 16 H - SAUF VENDREDI. » Céline vivait au rez-de-chaussée avec ses chiens et son perroquet, tandis que Lucette donnait à l’étage des cours de danse classique « et de caractère ». Plus tard, Eugène Saccomano et Marc-Édouard Nabe ont refait ce pèlerinage. Mais l’ancien maître des lieux n’était plus là pour dire à ses visiteurs son dégoût pour « l’auto, l’alcool, l’ambition, la politique », en faisant comme si rien - ou presque - ne s’était passé durant la période 1940-1944.

 

Persécuté, persécuteur

Pour se faire une idée du petit jeu de Louis-Ferdinand Céline à cette époque, on se reportera au coffret que publient les Éditions Montparnasse. Sur l’un des deux DVD ont été repris deux grands entretiens avec André Parinaud (1958) et Louis Pauwels (1961) du romancier installé dans sa « salle à manger-bureau ». Deux documents passionnants, rarement diffusés à la télévision depuis quarante ans, notamment l’entretien audiovisuel avec Louis Pauwels. Préparé pour l’émission « En français dans le texte » en 1959, ce film avait été déprogrammé à la demande du Mrap et d’une association d’anciens combattants de la Résistance. On ne se souvient pas toujours quelles fureurs pouvait alors déclencher le seul énoncé du nom de Louis-Ferdinand Céline. Amnistié en avril 1951, rentré de son exil danois en juillet de la même année, installé à Meudon où il donnait de rares consultations, l’écrivain restait un maudit malgré un contrat d’exclusivité avec Gaston Gallimard, qui s’était engagé à republier toute son oeuvre et tous ses livres à venir. Et cette situation convenait très bien à cet artiste génial, comédien du martyr qui avait consacré sa thèse à Ignace-Philippe Semmelweiss, un médecin juif hongrois, chassé du corps médical pour avoir démontré le premier que le lavage des mains diminuait la mort par septicémie des femmes après l’accouchement. Le rappel de ce travail est à mettre en relation avec les transports antisémites de Céline dans Bagatelles pour un massacre (1937) et Les Beaux Draps (1941). Après avoir glorifié un Juif persécuté, Céline est lui-même devenu persécuteur, avant de finir sa vie dans la posture du martyr condamné à « la mort, la ruine, la persécution ». « Je me considère victime des vacheries », insiste-t-il, sans jamais amender quoi que ce soit, tandis que son perroquet siffle dans son dos. « Je travaille et les autres ne foutent rien », explique-t-il à Louis Pauwels. « Toujours plein de colère et enveloppé de misère », l’écrivain s’est ainsi composé un personnage de clochard sensible et génial visuellement très vendeur. On songe à Michel Houellebecq, qui a le même art de passer sans sourciller de propos brutaux sur les femmes musulmanes à des considérations délicates sur son chien Clément. Et la même façon de rouler les journalistes dans la farine - qui au lieu de poser des questions aux écrivains feraient mieux de lire leurs livres. Dans ses Entretiens avec le professeur Y, publiés en feuilleton dans la « nouvelle » Nouvelle Revue française pendant l’été 1954, Céline s’amuse de l’utilisation qu’il se prépare à faire de la télévision lors de la sortie de son livre D’un château l’autre, programmé pour le printemps 1957. « Tu t’es pas vu, Ferdinand ? t’es devenu fou ? pourquoi pas télévisionner ? avec ta poire, avec ta voix, tu t’es jamais entendu ?... tu t’es pas regardé dans la glace, ta dégaine ? » Resté barricadé chez lui au moment de la publication de Féerie pour une autre fois en 1952, il ne commet pas la même erreur lorsque paraît D’un château l’autre, sa chronique du repli de Pétain et de sa clique de collabos à Sigmaringen. Des pisse-copies veulent faire le voyage jusqu’à Meudon ? Qu’ils viennent...

 

« La vérité n’est plus d’époque »

« La critique déconne, je suis le phénomène et s’il s’agit de faire le pitre, c’est dans mes cordes, constate Céline, qui reçoit ses visiteurs en charentaises, couvert de chandails miteux et d’une pelisse de berger. Je vais les régaler, bientôt ils danseront la danse du scalp autour de mon poteau. Mentir, raconter n’importe quoi, tout est là. Il faut raconter aux gens ce qu’ils attendent, la vérité n’est plus d’époque. » Lorsqu’on lit les lettres que Céline écrit au même moment à Marie Canavaggia, son assistante depuis 1936, on se rend compte qu’il n’était ni le gâteux ni le clochard qu’il faisait semblant d’être pour émouvoir ses amis et ses ennemis. Expert en apocalypses, l’écrivain a un projet, il veut gagner sa course contre la mort, « la grande inspiratrice », pour achever la trilogie qui fera de lui le Joinville ou le Commynes de la Seconde Guerre mondiale. Après D’un château l’autre, Nord paraît en 1960. Le 30 juin 1961, Céline met un point final mis à Rigodon sur cette inoubliable vision des hordes chinoises s’arrêtant à Reims, pour descendre dans les caves de champagne « pleines de profondeurs pétillantes ». Et il meurt à Meudon, d’une rupture d’anévrisme, le 1er juillet.

Lettres à Marie Canavaggia (1936-1960) de Louis Ferdinand Céline Édition de Jean-Paul Louis, Gallimard, 752 p., 18 €.

Et aussi La Mort de L.-F. Céline, de Dominique de Roux, avant-propos de Jean-Marc Parisis, La Table Ronde, 195 p., 8,50 € . Céline vivant, DVD 2 disques, Èditions Montparnasse, 30 €

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Voyage au bout de la télé

Céline, bête d’écran

Par Delfeil de Ton

Rue Cognacq-Jay et chez lui, à Meudon, au milieu de ses animaux, l’écrivain parle, et c’est fantastique!

 

 

Trois fois dix-neuf minutes, génériques compris, c’est ce que nous auront légué, de Louis-Ferdinand Céline, les caméras du XXe siècle.

129NOB01.jpg
INA

Trois entretiens, en 1957, 1958, 1959, que Pierre Dumayet, André Parinaud et Louis Pauwels eurent le talent et l’audace de mener pour la télévision, alors monopole d’Etat, et dont le premier, seul, fut diffusé. Avec le retour au pouvoir de De Gaulle, en 1958, les censeurs avaient de beaux jours devant eux. Ils en ont abondamment profité.

 

 

 

Même pas une heure! Mais quelles minutes! Les Editions Montparnasse les réunissent sur un DVD. L’émission de Dumayet d’abord, à propos de la parution de «D’un château l’autre». L’intervieweur se montre à peine, n’ouvre la bouche que pour laisser parler. Intelligence des questions. Jean Prat est aux caméras: intelligence des plans. Céline, le personnage, une bête d’écran. Ses attitudes, ses propos, sa voix. Rien, avant et après lui, qui ressemble à ce qu’on voit, à ce qu’on entend. Il n’a pas seulement écrit des livres qu’après lui c’est plus la peine, voilà aussi qu’il s’est montré, qu’il a causé.

 

129NOB02.jpg
INA
Et qu’il a remis ça. Et re-remis. Non plus dans les studios de la rue Cognacq-Jay mais chez lui, à Meudon. Nous sommes dans l’antre, dans la forge. Le perroquet est là, les pinces à linge. L’interview? S’il s’en fout, de l’interview. Que le perroquet n’aille surtout pas se sauver. Et les chiens. Qu’est-ce qu’ils ont, les chiens? On ne résume pas Céline. On en prend plein les oreilles, plein les mirettes et on se repasse le disque. Il y en a un deuxième!

Cette publication miraculeuse offre deux DVD. Cette fois, c’est Michel Polac. A peine de Gaulle reparti pour Colombey, mai 1969, passent à la télévision deux émissions où Polac a rassemblé Dominique de Roux, Gen Paul, Marcel Brochard, d’autres témoins du passé et, mieux que tout, va voir Lucette Almanzor, la dernière danseuse, la veuve. Elle a à dire, elle le dit bien. Il y a un psychanalyste, aussi, qui connaît l’œuvre et qui sait expliquer le travail. Pas loin de deux heures de points de vue divers qui nourrissent le spectateur, qui montrent des lieux: le Passage, la maison après l’incendie. Cinquante ans bientôt que l’écrivain est mort. Son œuvre n’a jamais été aussi vivante. Ces deux DVD, soigneusement édités, sont évidemment indispensables à connaître pour les lecteurs de l’auteur mais ils peuvent être une révélation pour qui ne l’a jamais lu: comment ne pas être attiré par un bonhomme pareil, n’avoir pas envie d’aller y jeter un œil, dans ses livres qui suscitent pareils intérêts?
DTT


«Céline vivant», coffret de deux DVD de 67 et 116 min, Editions Montparnasse, 30 euros. Plusieurs bonus dont un livret par Emile Brami.


A lire, enfin disponible en édition courante, de Louis-Ferdinand Céline, présentation et notes par Jean Paul Louis, «Lettres à Marie Canavaggia (1936-1960)», Gallimard, 754 p., 18 euros.

Source: «Le Nouvel Observateur» du 22 novembre 2007

Par david castel - Publié dans : LAETITIA
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 12:07
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La Mercedes-Benz 540K 1937, l'ultime expression du perfectionnement de la technique automobile d'avant-guerre.
Photo fournie par RM Auctions

 

Alain Raymond

La Presse

Collaboration spéciale

Bernard Charles «Bernie» Ecclestone, le «pape de la Formule 1», est très influent, et surtout très fortuné.

Mais son intérêt pour l'automobile n'est pas simplement pécuniaire puisqu'il a su, au fil des ans, monter une collection impressionnante et variée, composée de voitures d'exception et de modèles tout à fait modestes.

À 77 ans bien sonnés, Bernie a donc décidé de vider le garage en offrant aux enchères une partie de sa collection. La vente, organisée par RM Auctions et qui s'est tenue le 31 octobre dernier à Londres, mettait en vedette 85 voitures dont une belle brochette de très rares et très exclusives Mercedes-Benz.

Un roadster Mercedes-Benz 540K 1937 a atteint la somme faramineuse de 8,25 millions de dollars, et une Mercedes-Benz SSK a soulagé son heureux acheteur de 2,5 millions.


 

Photo Bloomberg

 
Parmi les autres vedettes, la voiture de l'ex-Beatle George Harrison, une Aston Martin DB51 964, vendue près de 465 000$. Mais rassurez-vous, les collectionneurs moins fortunés ont également été bien servis, que ce soit avec la modeste Ford Anglia 1964 de Bernie (11 700$) ou l'une de ses deux craquantes Fiat 500, vendues 25 000$ et 23 000$ respectivement.

Prochain grand rendez-vous européen de RM Auctions le 18 mai 2008 à Maranello, pour une deuxième vente exclusive de Ferrari d'exception. Ramassez vos sous; on ne sait jamais!
 
Par david castel - Publié dans : LAETITIA
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 12:04
 
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Courrier international - n° 645 - 13 mars 2003
Portrait

Héros des Américains à l'époque de la guerre froide, l'ancien prodige des échecs sort parfois de son anonymat pour agonir d'injures les Etats-Unis. Il vit à Tokyo, entouré de mystère.
On sentait encore la présence du "roi" dans le local. Lorsque, à la fin de 2002, j'ai visité un centre d'échecs - chose rare au Japon - dans le quartier d'Ikegami, à Tokyo, j'ai découvert sur un mur une peinture portant l'autographe de Bobby Fischer, le plus grand champion d'échecs de tous les temps. A 14 ans [Fischer est né le 9 mars 1943, dans l'Illinois], il remporta le championnat des Etats-Unis, et il est demeuré le tenant du titre huit années d'affilée [de 1958 à 1966]. A 29 ans, il est devenu champion du monde, avant de disparaître brusquement. Cet autographe est la preuve que ce mythe ambulant est passé par Tokyo. La dame de l'accueil m'a expliqué que Bobby Fischer était venu au centre et que, reconnaissant dans la partie représentée sur le tableau l'une des siennes, il avait inscrit son nom dessus. Mais personne au centre n'a voulu révéler quand et pourquoi il y était venu. Sa présence au Japon ne semble toutefois faire aucun doute. En poussant plus loin mon enquête, j'ai appris que son courrier était envoyé à Tokyo et qu'il possédait un site Internet et une adresse électronique sur un serveur japonais. Pourquoi le "roi" se trouve-t-il au Japon ?
Robert James Fischer était le héros des Etats-Unis. Lorsque, en 1972, il a participé au Championnat du monde, le monde des échecs était dominé par l'URSS. En pleine guerre froide, il a battu un à un les meilleurs joueurs soviétiques et arraché le titre de champion. Aussitôt, il fut acclamé aux quatre coins des Etats-Unis. Toutefois, il disparut sans se présenter au championnat de 1975 pour défendre son titre. Mesurant près de 2 mètres, il possède un regard extrêmement perçant. Connu pour son mauvais caractère, il s'emporte facilement. Par-dessus tout, il déteste les médias. Si quelqu'un, même parmi ses bons amis, se risque à parler de Fischer à un journaliste, il est immédiatement banni. Le mystère dont il s'est enveloppé est d'autant plus épais que son entourage garde le silence. Il faut toutefois préciser qu'au Japon les amateurs d'échecs ne s'intéressent pas beaucoup à lui [ce qui lui permet de demeurer dans un total anonymat]. "Si jamais Fischer acceptait de disputer une partie, ce serait un événement, mais, dans la mesure où il ne joue plus, il n'éveille pas l'intérêt", explique Shigeo Hayakawa, président de l'Association des joueurs d'échecs par correspondance. Hiroshi Yukawa, chargé de la gestion d'un club d'échecs dans la région de Tokyo, partage cet avis. "J'ai entendu dire qu'il était au Japon, mais c'est un homme du passé. Ceux qui font parler d'eux aujourd'hui sont d'une génération qui n'était pas encore née lorsque Fischer est devenu le numéro un mondial." En revanche, Yoshiharu Habu, célèbre champion de shogi [jeu d'échecs japonais], lui porte une admiration sans bornes. "Le comportement de Mozart n'a jamais été louable, mais les oeuvres qu'il nous a léguées sont admirables. De même, les parties de Fischer sont extraordinaires." Devenu professionnel quand il était encore au collège, Yoshiharu Habu a cumulé, à 25 ans, les sept plus grands titres du Japon. Au centre d'échecs d'Ikegami, on voit une photo de lui devant un échiquier. Il faut dire qu'aux échecs il est classé deuxième meilleur joueur national. "Mon souhait le plus cher serait de l'affronter", avoue-t-il.
Aux échecs comme au shogi, le jeu consiste à capturer le roi de l'adversaire, mais, pour Habu, les différences sont sensibles : aux échecs, les cases sont moins nombreuses [64 au lieu de 81] et les figures qui possèdent une grande puissance d'attaque s'affrontent dès le début de la partie ; au shogi [où l'on récupère les pièces conquises à l'adversaire], la construction du jeu a une importance capitale car le joueur doit déplacer ses pièces tout en ayant à l'esprit l'ensemble des pièces de l'adversaire. On dit que les échecs et le shogi ont tous deux été inventés en Inde, mais leurs différences sont le reflet de celles qui existent entre l'Orient et l'Occident. Alors qu'Habu est aussi bon à l'attaque qu'en défense, Fischer se distingue par son extraordinaire force offensive. Il veut à tout prix la victoire, jamais un match nul, même quand il n'a pas l'avantage de commencer la partie. Fischer a réapparu une seule fois sur la scène internationale, en 1992 : il a remporté un match d'exhibition [contre Boris Spassky] organisé en Yougoslavie et empoché plus de 3 millions de dollars. Mais, à l'époque, la Yougoslavie faisait l'objet de sanctions économiques de la part des Etats-Unis. Considérant que participer à un match pour de l'argent était une violation des sanctions internationales, l'administration américaine l'a poursuivi en justice. Le grand maître a ainsi disparu de nouveau pendant sept ans, sans jamais retourner en Amérique. En 1999, il est sorti de son mutisme en acceptant de répondre à une interview d'un journaliste philippin, Pablo Mercado, sur une radio hongroise. "Il m'avait laissé entendre qu'il se sentait bien au Japon et qu'il comptait y rester quelque temps", raconte ce directeur d'une station de radio philippine, qui l'a interviewé plusieurs fois par la suite.
Le 11 septembre 2001, jour où les Etats-Unis se sont retrouvés plongés dans la tragédie, Pablo Mercado a reçu un appel du Japon. A l'autre bout du fil, Bobby Fischer hurlait : "Je veux absolument parler à la radio!" Une fois sur les ondes, il a parlé sans arrêt et avec violence. "C'est une nouvelle formidable ! Il était temps que les Etats-Unis en prennent plein la gueule... [...] Que l'Amérique se fasse enculer ! Je veux voir ce pays anéanti, il n'a eu que ce qu'il méritait : mort aux Etats-Unis !" La voix s'enflait ; de temps en temps, elle devenait suraiguë. Il empêchait même qu'on lui pose des questions. "Qui d'autre que moi a contribué à relever l'image des Etats-Unis ? Avant que je ne devienne le numéro un mondial, l'Amérique n'avait rien d'un pays intellectuel. [...] Maintenant, elle n'a plus besoin de moi, la guerre froide est finie, et ils tentent de m'étouffer." Via Internet, ses déclarations ont traversé l'océan et sont devenues l'objet d'une grande discussion à la Fédération américaine d'échecs. Même les dirigeants les plus tolérants ont blâmé Fischer. "C'est absurde. Il s'expose au crime de trahison contre l'Etat. Nous sommes en pleine guerre." En février 2002, douze jours après le discours du président Bush sur l'"axe du mal", la Fédération a décidé d'exclure le seul champion du monde américain de l'Histoire. Le centre d'échecs d'Ikegami est ouvert le week-end de 12 h 30 à 20 heures. En dehors des premières heures, quand les enfants se pressent dans la salle de cours, il n'y a personne, à l'exception de la dame de l'accueil. Au début de 2003, la peinture qui était accrochée au mur a été remplacée par une affiche du film Harry Potter.
Daisuke Nakai
Asahi Shimbun
Enigmes
Dans les années 40 et 50, la mère de Bobby Fischer a été filée par le FBI, révèle The Washington Post. Ayant passé les années 30 à Moscou, Regina Fischer était soupçonnée d'espionnage. Selon le journal, le vrai père de Bobby n'était pas l'Allemand Hans-Gerhardt Fischer, mais son camarade, le Hongrois Pál Neményi, qui a fait comme lui la guerre d'Espagne. Fischer ne partage-t-il pas son temps entre le Japon, les Philippines et... la Hongrie, où, d'après le quotidien hongrois Népszabadság, il résiderait toujours ?
 © Courrier international 2007 | ISSN de la publication électronique : 1768-3076  
Par david castel - Publié dans : Bobby
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 09:21
[Annapolis approche, dont personne n¹attend réellement une percée
significative. Ce qui compte, c¹est l¹après Annapolis. Tout le monde sait
plus ou moins à quoi ressemblera un accord définitif. Mais, écrit Amos Oz, «
le patient est prêt, mais les médecins auront-ils assez de courage ? »]
 
Yediot Aharonot, 21 novembre 2007
 
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3473926,00.html
 
Vaincre les extrémistes
Amos Oz
 
Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant
 
 
Lorsqu¹on aborde les questions qui sont au c¦ur du conflit
israélo-palestinien, la distance qui sépare les deux parties est encore
grande. C¹est la raison pour laquelle la conférence d¹Annapolis ne sera pas
beaucoup plus qu¹un événement festif, au mieux accompagné d¹une déclaration
d¹espoir en l¹avenir. Dans une large mesure, les deux côtés sont pris en
otages par leurs extrémistes respectifs, et ces éléments radicaux ne
laisseront pas les négociations aboutir à des concessions réelles.

Pourtant, malgré ce qui précède, il faut tout d¹abord garder en mémoire que
jamais, depuis les cent années que durent cette furie et ces souffrances,
les positions entre les négociateurs n¹ont été aussi proches.

Les deux parties acceptent la solution de deux Etats, et toutes deux
reconnaissent que la frontière sera proche de celle de 1967. Les deux
parties reconnaissent aussi leur devoir de régler, par la négociation, les
questions de Jérusalem, des colons, des réfugiés, des frontières et de
l¹eau. Elles savent aussi, même si elle ne l¹ont pas dit, qu¹au bout du
compte, un accord de paix ressemblera furieusement au modèle des paramètres
Clinton, de Taba et de Genève. Et elles savent encore toutes deux qu¹en cas
d¹échec des négociations, arrivera le tour des extrémistes.

Car, des deux côtés, les extrémistes n¹attendent qu¹une chose : que les
négociations échouent. Ils prient pour qu¹on en arrive à une impasse. Le
temps ne joue ni en faveur des Israéliens, ni en faveur des Palestiniens. Il
joue surtout en faveur des extrémistes.

La tâche principale revient au gouvernement israélien et à l¹opinion
publique israélienne, car Israël occupe les territoires palestiniens et non
le contraire. Et, si Olmert choisit, ou est forcé de choisir, d¹offrir à ses
partenaires de droite dans sa coalition le droit de stopper tout le
processus, le résultat pourrait être l¹arrivée au pouvoir de Netanyahou,
dans un délai très court.

De plus et en retour, les extrémistes vaincront eux aussi les modérés du
côté palestinien, et au lieu de Mahmoud Abbas, nous serons confrontés à un
front belliqueux aux ordres de l¹Iran.



Le patient est presque prêt pour l¹opération

La stature d¹homme d¹Etat d¹Olmert se mesurera, non pas seulement à l¹aune
de sa capacité à man¦uvrer entre ses partenaires de la coalition, Avigdor
Lieberman et Eli Yishai, mais bien plus à la détermination qu¹il mettra à
mener un changement historique.
 
La droite israélienne prétend que Mahmoud Abbas est trop affaibli, et que
par conséquent, faire la paix avec lui ne vaut pas la peine. La même droite
affirmait il n¹y a pas si longtemps qu¹Arafat était trop dangereux, et que
par conséquent, il ne fallait pas faire la paix avec lui non plus. Mais en
réalité, il y a un lien direct entre le déclin ou la montée du statut
d¹Abbas et ce que la voie modérée qu¹il a choisie sera capable d¹obtenir en
négociant avec Israël. Abbas ne sera faible que tant que nous ne lui
donnerons aucun résultat substantiel qu¹il puisse revendiquer.

Qu¹arrivera-t-il si les négociations actuelles échouent ? Cela peut être le
constat de décès de la solution de deux Etats, et nous devrions alors
choisir entre deux désastres historiques : un seul Etat (avec une quasi
majorité arabe) entre la Méditerranée et le Jourdain, ou un régime israélien
d¹apartheid qui continuera d¹opprimer les Palestiniens par la force, alors
que les Palestiniens continueront à résister violemment.

Nous devons aller à Annapolis, et avancer à la suite d¹Annapolis, en sachant
que les deux peuples savent déjà plus ou moins à quoi ressemblera un accord
définitif : une Palestine dans les frontières de 1967, à côté d¹Israël, avec
des modifications mineures de frontières sur un principe de réciprocité,
sans retour des réfugiés palestiniens en Israël, et avec deux capitales à
Jérusalem. 

Tout le monde sait cela, même les opposants des deux côtés. Le patient, à la
fois israélien et palestinien, est prêt pour l¹opération. Les médecins
auront-ils assez de courage ?
Par david castel - Publié dans : Peace In The Middle East
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 16:11

Livres: en vitrine (2)

AP | 21.11.2007 | 12:00

Voici une sélection de quelques ouvrages parmi les dernières parutions:

DOCUMENT

"L'audace d'espérer": une nouvelle conception de la politique américaine

Barack Obama

Ce livre-programme de Barack Obama, qui brigue l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de novembre 2008, nous révèle que, face à Hillary Clinton, la bataille des primaires s'annonce ardue mais passionnante. Après une réflexion personnelle sur les valeurs et les idéaux qui l'ont fait entrer en politique, l'auteur dresse le portrait de l'Amérique d'aujourd'hui pour en évaluer les forces et les faiblesses, et exposer clairement sa vision de l'avenir. S'attelant aux problèmes concrets, il évoque en profondeur l'insécurité économique croissante des familles américaines, les tensions raciales et religieuses, les menaces terroristes, toute cette hostilité environnante qui semble marquer notre entrée dans le XXIe siècle. Une profession de foi argumentée, et d'une lecture agréable, de celui qui pourrait être ­pourquoi pas, en Amérique où tout est possible?- le prochain président des Etats-Unis.

Ed. Presses de la Cité (traduit de l'américain par Jacques Martinache; 369 pages; 20,50 euros)

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ESSAI

"Etre riche, un tabou français"

Eric Brunet

"Oui, je n'aime pas les riches. Je n'aime pas les riches, j'en conviens", déclarait le 8 juin dernier François Hollande, premier secrétaire du PS, à France 2 lors de l'émission "A vous de juger". De son côté, l'actuel président de la République n'a pas craint de lancer: "Ne dites jamais que je suis libéral!". Gauche et droite ont un point commun: l'idéologie anti-riche, nous dit Eric Brunet, journaliste et écrivain qui, après avoir fait ses armes dans l'émission "Thalassa" et présenté le JT de la Cinq, anime actuellement chaque semaine sur France 3: "La vie d'ici". C'est culturel, la France n'aime pas l'argent, ajoute-t-il. Elle le prouve en traquant les riches sans relâche, et en maintenant l'ISF, "cet impôt démagogique que toutes les démocraties occidentales ont supprimé depuis belle lurette". En France, on ne transige pas: l'argent pourrit tout. Il est sale, vil, infréquentable comme ceux qui en ont. Emmuré dans ses obsessions égalitaires, le pays estime que le progrès social peut se passer de l'économie de marché, des riches, des entreprises, de l'actionnariat. Du coup, de Besancenot à Le Pen, tout le monde vomit la mondialisation, ce creuset du libéralisme responsable de tous nos maux. Surprenant! Pour l'auteur, à mépriser ses riches, la France s'est appauvrie, et la République donneuse de leçons a fait fuir ceux qui l'auraient peut-être sauvée de la crise sociale. Bien évidemment, on peut ne pas suivre Eric Brunet dans son analyse, mais du moins doit-on lui reconnaître le mérite du "parler net"!

Ed. Albin Michel (263 pages; 18 euros)

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CULTURE

"Petite anthologie des mots rares et charmants"

Daniel Lacotte

"Le monde grouille dans chaque mot", car "l'écrit porte en lui la vie et la mort, l'ombre et la lumière, la braise et la poussière", nous dit l'auteur, ingénieur de formation, journaliste et enseignant au CFJ de Paris, dont plusieurs textes figurent également dans de nombreuses anthologies et ouvrages scolaires. Il nous gratifie ici d'un recueil délicieux, jubilatoire et tendre! Nouveau petit dictionnaire (classement par thème et ordre alphabétique) répertoriant 390 mots rares et charmants, ainsi que 150 expressions d'hier et d'aujourd'hui, ce livre, à la fois ludique et sérieux, fera le bonheur de tous les amoureux de la parole et de la plume. Des exemples concrets et imagés au ton humoristique permettent, au fil des pages, de constater que ces mots peuvent encore être utilisés dans les textes du quotidien. Dans cette amusante et rigoureuse chasse aux mots, Daniel Lacotte a déniché plus de 500 formules bigarrées dont il donne l'origine précise et le sens caché. Plein de verve, d'humour et d'anecdotes, ce facétieux voyage nous entraîne au coeur d'un langage vivifiant: celui du parler vrai!

Ed. Albin Michel (301 pages; 12 euros)

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HUMOUR

"Danger. Caricatures!"

Jean-Claude Morchoisne et Jacques Rampal

Comment est née la caricature? A quelle époque? Quand est-elle devenue une arme politique? Pourquoi provoque-t-elle le rire, et pourquoi le rire est-il si souvent subversif? Sans prétendre répondre à toutes ces questions, Jacques Rampal, qui a rencontré le dessinateur Jean-Claude Morchoisne à Paris et qui est devenu son scénariste attitré au journal "Pilote", propose ici un éclairage sans jamais se prendre au sérieux et sans jamais perdre de vue le sujet du livre: Morchoisne. On le suit depuis ses "Grandes Gueules" et ses parodies de films dans le "Pilote" du grand Goscinny, jusqu'aux best-sellers des années 2000 en collaboration avec Laurent Gerra, en passant par les dix albums réalisés précisément avec son plus vieux complice: Jacques Rampal. A travers l'histoire de la caricature, il s'agit donc de l'histoire d'un caricaturiste, sa vie, son oeuvre, ses choix, ses convictions, depuis son enfance jusqu'à ses 60 ans, l'âge de raison pour un humoriste digne de ce nom. Une impressionnante galerie de portraits crachés, une étude pleine de soleil sur la caricature et un joyeux vagabondage de Jérôme Bosch à Jean-Claude Morchoisne. Un régal!

Ed. du Rocher (117 pages; 24 euros)

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FANTASY

"Tara Duncan": le continent interdit

Sophie Audouin Mamikonian

L'auteur, d'origine russo-arménienne par sa mère et sa grand-mère -d'où son titre de princesse Mamikonian-, a pour arrière grand-oncle Tristan Bernard et pour oncle Francis Veber. Titulaire d'un DESS de diplomatie et stratégie, elle écrit depuis l'âge de 12 ans. "Le continent interdit", son cinquième livre, s'inscrit dans la lignée des précédents qui ont vu Tara, une "sortcelière" (celle qui sait lier les sorts), entraînée dans une série d'aventures ­et de mésaventures- sur AutreMonde, une "terre" fourmillant de dangers. Dans cet ouvrage, son amie terrienne Betty, a été enlevée. Et la "sortcelière" n'a pas encore retrouvé les pouvoirs qu'elle avait perdus. Il lui faut partir pour le Continent interdit où Betty est prisonnière: un drôle d'endroit régi par des dragons ailés qui en interdisent l'accès. Tara y parviendra cependant, mais retrouvera-t-elle ses pouvoirs sans lesquels elle ne peut pas survivre sur AutreMonde? Parviendra-t-elle à s'échapper du Continent interdit et à sauver Betty? Réussira-t-elle, surtout, à tenir en échec les plans démentiels de son ennemi Magister? De l'émotion et du suspense en perspective!

Ed. Flammarion (446 pages; 18 euros)

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SAGESSE

"Pourquoi est-il si difficile d'être heureux?"

Jacques Salomé

En une trentaine de courts chapitres très vifs et bien enlevés, l'auteur, psychosociologue dont les livres sont traduits dans une trentaine de langues, nous explique pourquoi il faut prendre le temps de vivre pleinement et comment rencontrer le bonheur dans les moindres détails de nos vies quotidiennes. Il parle, entre autres, des multiples nuisances d'une vie, de l'art de construire ou retrouver l'estime de soi, de l'intimité personnelle, à savoir garder, à l'intimité partagée, des chemins pour aller en pleine confiance de soi et des autres, du plaisir d'exister et de l'apprentissage du bien-être qui se révèle être un défi permanent, ainsi que du bon sens et de la sagesse, ces qualités à développer plus que jamais dans l'avenir. Un livre optimiste et réjouissant. AP

Ed. Albin Michel (Illustrations de Françoise Malnuit; 234 pages; 16 euros)







A Beaubourg, le Seuil au fil de ses histoires
Expo. La BPI offre une plongée dans les archives de cette célèbre maison d’édition qui fête ses 70 ans d’existence.
Frédérique Roussel
QUOTIDIEN : mercredi 21 novembre 2007
Les éditions du Seuil : histoires d’une maison, centre Pompidou, BPI. Jusqu’au 4 février 2008.
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Qui sait encore que le patronyme a été suggéré par un curé charismatique, l’abbé Plaquevent ? Plutôt qu’un nom d’oiseau (éditions des Alouettes ?), le choix se porta finalement sur le Seuil : «Le Seuil, c’est l’émoi du départ et de l’arrivée», défendit-il. Quand Jean Plaquevent, en 1935, avec le publicitaire Henri Sjöberg, décide de lancer une maison d’édition, c’est avec le projet de «refaire une France chrétienne» avec des livres de qualité.

En 1937, l’embryon de maison est racheté par Paul Flamand et Jean Bardet. L’histoire du Seuil commence là, et c’est pour cette raison que la Bibliothèque publique d’information du centre Pompidou, en collaboration avec la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges et l’Institut mémoires de l’édition contemporaine (Imec), fête ses 70 ans.

C’est en travaillant sur les archives, pour la plupart déposées à l’Imec, qu’Henri Serry, sociologue de l’édition, a redécouvert Plaquevent et a commencé à retracer l’histoire, ou faut-il dire, les «histoires» (1).

Le binôme, Paul Flamand et Jean Bardet, le premier chargé du littéraire, le second du commercial, va donner au Seuil l’image d’une maison d’édition hors normes. Dès la fin 1944, ils prennent langue avec Emmanuel Mounier et démarrent une alliance entendue avec la revue Esprit. Ils recruteront des éditeurs comme Albert Béguin, Jean Cayrol (qui créera la première grande collection, «Pierres vives», où seront notamment publiés Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau et le Degré zéro de l’écriture de Roland Barthes), Francis Jeanson, Chris Marker, François-Régis Bastide, Michel Chodkiewicz, ce dernier leur succédera d’ailleurs en 1979 après leur départ concerté («place aux jeunes»).

L’épanouissement financier viendra assez rapidement avec le miracle éditorial du Petit Monde de Don Camillo, de Giovanni Guareschi, vendu à 1 200 000 exemplaires dans les années 50. Du coup, la maison change d’échelle, crée Microcosme, séries de vulgarisation au format de poche, amorcées par «Ecrivains de toujours». Entre-temps, en 1947, un texte de Beckett a été refusé, comme le montre une lettre manuscrite de Paul Flamand.

Dès ses débuts, le Seuil pratique une culture de la différence, abritant tous les courants. Si Flamand n’aimait pas les sciences humaines, encore moins la psychanalyse, il laissa François Wahl publier Lacan. Le Seuil, c’est ainsi l’éditeur de Barthes, du groupe Tel Quel, de la collection Combats, accueillant dans les années 60 et 70 la vitalité littéraire et intellectuelle. C’est aussi l’éditeur de Heinrich Böll, son premier Nobel, et un catalogue de 15 000 titres. Denis Roche, qui lança la collection «Fictions & Cie», disait : «Le Seuil est très disparate. Il est le produit très collectif de personnalités qui se combattent.» L’exposition retrace cette trajectoire touffue, alliage composite de collections, de courants et d’hommes, de l’exigeant au plus commercial. Une bouillonnante chronologie qui change de braquet avec la vente en 2004.

(1) Un livre est à paraître en 2008.

Par david castel
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 16:10

 

Appel à contribution

Information publiée le mercredi 21 novembre 2007 par Marielle Macé (source : Sylvain Santi)

Date limite : 31 mars 2008

 

LE COLLEGE DE SOCIOLOGIE : CRISE D’UNE AVANT-GARDE

 

 

Les activités du Collège de sociologie auront duré deux ans de 1937 à 1939 et rassemblé des personnalités qui sont parmi les plus en vue de la vie littéraire et intellectuelle du moment – Bataille, Caillois, Leiris, Klossowski, Kojève, Paulhan… Si le Collège n’a pas développé de véritable doctrine ou de système arrêté, il était animé en revanche du désir de fonder une "sociologie sacrée" qui devait notamment permettre d'inventer une nouvelle organisation de la société en rupture avec tous les modèles politiques existants, et peut-être surtout avec la politique elle-même. Hostile au fascisme, opposé radicalement à l’ordre bourgeois, suspicieux à l’égard du communisme, le Collège s’inscrit sous la bannière d’une double injonction qui, par ailleurs, marque une rupture franche avec les tenants de la littérature engagée : ni politique, ni littérature.

Ce double abandon s’opère au profit d’un savoir dangereux, qui engage celui qui sait en le mettant en contact avec ce qui est objet, non pas de savoir, mais, comme l’écrit Denis Hollier, « de ces formes d’ignorance que sont le mépris, le dégoût, voire la peur ». C’est dans la perspective de cet engagement existentiel, non dénuée de paradoxes, que le Collège se réclame de plusieurs influences : principalement Mauss et Durkheim, mais aussi, et dans une autre mesure, Dumézil, Freud ou encore Hegel.

Bien que le Collège ne reconnaisse que timidement que le contexte international détermine pour une large part la nécessité de son existence, il n'en demeure pas moins que la crise qui couve à la fin des années 30 influence à la fois ses recherches et ses grandes orientations : la montée en puissance des fascismes, les prétentions territoriales de plus en plus affichées de l'Allemagne et de l'Italie, l'impuissance des démocraties à y répondre sont autant d'éléments dont l'urgence est perceptible dans ses différentes séances. C'est ainsi qu'en novembre 1938 le mot "crise" apparaît en toutes lettres dans ce qui reste l'un des moments forts de cette tentative : la "Déclaration du Collège de Sociologie sur la crise internationale" qui fait suite aux accords de Munich.

Né dans ce contexte de crise, le Collège s’est d’abord voulu un agent de crise capable de provoquer un tournant décisif dans l’évolution de la société et il aura été, a posteriori, un moment de crise dans l’œuvre et la pensée de bon nombre de ses participants.

En suivant le fil conducteur que nous offre ce mot, nous voudrions proposer trois axes d’étude principaux :

- crise des intellectuels : refusant à la fois la politique et la littérature, quels choix restaient offerts aux animateurs du Collège ? quel(s) rôle(s) et quel(s) statut(s) ses instigateurs ont-ils voulu s’attribuer ? a posteriori, quelle(s) figure(s) de l’intellectuel peut-on voir se dessiner dans ce qui nous en est parvenu ? …

- mettre la politique en crise : que faire face à l’impuissance des démocraties quant à la menace du fascisme ? comment, par exemple, déterminer les liens entre mythe et démocratie ? peut-on seulement les redéfinir ? …

- un moment de crise : à quoi finalement le collège a-t-il donné naissance dans la pensée et les œuvres de ses principaux animateurs ? quel moment particulier représente-t-il dans le parcours de chacun ? en quel sens peut-il être vu comme une crise de la pensée ? quelle influence a-t-il exercée sur des auteurs qui n’y ont pas directement pris part ?…

 

Bien entendu, l’ensemble de ces questions n’est donné qu’à titre indicatif et n’est pas exhaustif, le sujet abordé appelle sans doute d’autres analyses.

 

Le colloque sera organisé en septembre 2008 à Chambéry.

Les propositions sont à envoyer avant le 31 mars 2008 à : sylvain.santi@univ-savoie.fr


Responsable : Sylvain Santi
Par david castel - Publié dans : LAETITIA
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 20:12
[Lettre adressée aux partisans de la droite israélienne colonisatrice. Il
est douteux qu¹elle pénètre leur conscience, celle dont parle Burston en fin
d¹article]
 
Ha¹aretz, 20 novembre 2007
 
http://www.haaretz.com/hasen/spages/925695.html
 
L¹occupation tue, du cancer aussi
Bradley Burston
 
Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant
 
 
Les sondages d¹opinion indiquent depuis longtemps que la plupart des
Israéliens souhaitent mettre fin à l¹occupation. Les propos qui suivent
s¹adressent à l¹importante minorité qui n¹est pas d¹accord.
 
Le week-end dernier, un malade du cancer de Gaza nommé Nail al-Kurdi, 20
ans, qui attendait depuis juillet l¹autorisation d¹entrer en Israël pour
suivre un traitement, est mort de sa maladie. Pendant cinq mois, le Shin Bet
a reçu plusieurs demandes des Médecins pour les droits de l¹homme, dont
l¹objet était que Nail al-Kurdi soit autorisé à être soigné en Israël.
 
Les demandes ont été refusées les unes après les autres. Raison invoquée :
la sécurité. En juillet, il avait été adressé à l¹hôpital Ikhilov (Tel-Aviv)
pour un diagnostic d¹urgence. Les refus se sont accumulés, et le cancer a
métastasé. Dans le cas d¹al-Kurdi et dans un certain nombre d¹autres cas où
des Palestiniens gravement malades n¹ont pas été autorisés à se rendre en
Israël pour s¹y faire soigner, l¹ONG a soumis les refus du Shin Bet à la
Haute cour de justice. La cour a jugé que les demandeurs devaient bénéficier
d¹un délai, afin que leur cas soit étudié. Nail al-Kurdi n¹a pas survécu à
ce délai.
 
Ce cas est important, tout spécialement pour les Israéliens qui souhaitent
voir l¹occupation se prolonger. Les Israéliens de droite devraient être en
première ligne dans le combat pour les droits des gens comme Nail al-Kurdi.
Il n¹y a pas de mal plus grand que celui de refuser des soins vitaux. Sauf
un, peut-être. 
 
Voyons le cas de Y.H., 37 ans, de Gaza, qui a besoin d¹une opération à c¦ur
ouvert. Contrairement à al-Kurdi, le Shin Bet a accordé à Y.H. une
autorisation de se rendre à Naplouse, en Cisjordanie, pour se faire opérer.
D¹après les Médecins pour les droits de l¹homme, arrivé au point de passage
d¹Erez pour quitter Gaza, des agents du Shin Bet l¹ont pris à part pour
l¹interroger.
 
« Si tu nous aides, nous t¹aiderons », a dit l¹agent d¹après Y.H., qui
ajoute que l¹homme du Shin Bet lui a demandé de fournir des informations sur
ses contacts.
 
D¹après le groupe de médecins, quand Y.H. a répondu qu¹il n¹avait aucune
information de ce genre, l¹interrogateur a dit : « Si tu ne nous aides pas,
nous ne t¹aiderons pas. Va mourir à Gaza. » Ils le renvoyèrent chez lui, en
lui promettant qu¹in ne quitterait jamais Gaza.
 
Peut-être êtes-vous de ceux qui veulent que l¹occupation continue parce
qu¹ils pensent que les Arabes, et le monde musulman en général,
n¹accepteront jamais l¹existence d¹un Etat juif, et qu¹un Etat palestinien
indépendant servira de base à des attaques incessantes contre Israël.
 
Si c¹est le cas, vous devez vous battre pour les droits des Palestiniens.
 
Peut-être êtes-vous de ceux qui, guidés pas la Bible ou une sorte de
sionisme révisionniste, pensent que les frontières d¹Israël doivent
comprendre toute la Terre sainte, de la Méditerranée au Jourdain.
 
Si c¹est le cas, vous, plus que d¹autres, devriez ¦uvrer à ce que les
Palestiniens reçoivent l¹aide dont ils ont besoin.
 
Peut-être êtes-vous de ceux qui, ardemment, de tout votre c¦ur, sont aux
côtés des colons et veulent voir leur entreprise prospérer et devenir
définitive. Peut-être êtes-vous de ceux qui refusent tout droit aux
Palestiniens à une patrie et même à constituer un peuple.
 
Vous, plus que quiconque, devriez veiller jalousement à ce que les
Palestiniens qui vivent parmi vous soient traités avec le respect et le soin
que vous accordez à tout être humain. Le même que vous accordez à un juif.
 
Pour ce qui concerne nous autres, qui ne sommes pas d¹accord avec vous, la
lutte pour les droits des Palestiniens comprend tout cela. Mais en plus,
elle comprend la lutte pour démanteler l¹occupation avant qu¹elle ne
démantèle l¹Etat d¹Israël.
 
A droite, nombreux ont été ceux qui ont dit qu¹il était beaucoup trop tard
pour mettre fin à l¹occupation.
A gauche, nombreux sont ceux qui craignent qu¹ils n¹aient raison.
 
Mais pendant ce temps, l¹occupation continue de tuer des innocents, et pas
seulement parce qu¹ils ont l¹infortune de se trouver entre deux feux.
Beaucoup trop souvent, l¹occupation tue parce que nous ­ droite et gauche
confondues ­ ne faisons pas grand-chose pour l¹empêcher. Nous sommes devenus
trop habitués à laisser grossir des cancers sans traitement, en particulier
quand ils s¹attaquent à notre conscience.
 
Par david castel - Publié dans : Peace In The Middle East
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 10:55
mercredi 14 novembre 2007 (13h21) :

6 commentaires

Le régime qu’on nous prépare est très dangereux »

Marie-Anne Cohendet

Les projets de révision constitutionnelle « mettent en cause tous les équilibres du régime », s’alarme l’universitaire Marie-Anne Cohendet dans un entretien au Contre Journal. « Demain, avec cette réforme, même si les parlementaires renversent le gouvernement, ils ne changeront pas le chef de l’exécutif, puisque le chef de l’excécutif sera quoi qu’il arrive le Président », juge-t-elle. Selon elle, tous les pouvoirs présidentiels risquent d’être « réinterprétés comme des pouvoirs de direction ». Marie-Anne Cohendet est l’auteure de "Sept petits mots de trop", un texte sur les travaux du comité Balladur.

« J’ai employé le terme de mascarade qui est assez fort, pourtant c’est bien de cela dont il s’agit ; du moins du point de vue du Président de la république. Le Président a invité des personnes réputées sur le plan scientifique, pour les faire participer à une opération dont l’objectif - de la part du président de République j’insiste là dessus - est de cacher le but essentiel de sa réforme qui est de renforcer ses pouvoirs. Ce qui m’a mise en colère, c’est la manière dont ont été présentés ces travaux. On a voulu nous faire croire que le but du comité et le but de la réforme était de réduire les pouvoirs du Président et de renforcer ceux du Parlement. Ce n’est pas acceptable.

Les sept petits mots rajoutés par le comité sont difficiles à expliquer aux Français. Ils rajoutent à l’article 5 de la constitution que le Président définit la politique de la nation. Cela n’a l’air de rien… D’autant plus que cela correspond à la pratique. En réalité, c’est énorme, colossal, parce que cela met en cause tous les équilibres du régime. Il y a une logique profonde dans tous les régimes démocratiques. Le droit constitutionnel s’est bricolé au fil des siècles et l’on s’est rendu compte des mécanismes qui permettaient de garantir la démocratie ou de ne pas la garantir. Parmi les systèmes qui garantissent la démocratie, on a le régime parlementaire. Ceux qui gouvernent sont responsables. Qu’est-ce que cela veut dire être responsable politiquement? Cela veut dire pouvoir à tout instant être renversé, perdre le pouvoir, parce qu’on a mal gouverné. Si en régime parlementaire, sous la 5ème République, c’est le gouvernement et non pas le Président de la République qui a le pouvoir de diriger, c’est parce qu’à tout instant le gouvernement peut être renversé. Donc si l’on transfère ce pouvoir de direction des mains du gouvernement vers le Président, on donne le pouvoir de direction à un organe qui, lui, est incontrôlable pendant cinq ans. Si le Président se met à faire n’importe quoi… S’il devient complètement fou, on a la procédure de destitution qui est marginale, difficile à mettre en œuvre... Mais si le Président mène une politique dont le peuple ne veut plus, dont les parlementaires ne veulent plus, on ne peut rien contre lui et en toute hypothèse c’est lui qui dirige, c’est cela qui est grave. »

« Au sujet des soixante-dix mesurettes du Comité Balladur, j’ai dit que les parlementaires auront des pistolets à bouchon, c’est exactement de cela dont il s’agit. Les membres du comité ont fait sur de nombreux points un excellent travail. Ils proposent des tas de choses intéressantes. Mais c’est une véritable ligne Maginot. Toutes ces petites constructions ne suffiront pas à endiguer le flot du présidentialisme. Le fait que le parlement puisse décider d’une partie de son ordre du jour, c’est parfait. Les mesures de renforcement du rôle du parlement ne concerneront pas les lois de financement de la sécurité sociale. Aux Etats-Unis, le parlement maitrise complètement le budget : on sait que c’est le nerf de la guerre. Pour le contrôle de constitutionnalité, on n’a pas de garanties sur la composition du conseil constitutionnel. Parmi les mesures préconisées, beaucoup ressemblent à des voeux pieux. Quoi qu’il en soit, même si ces mesures de renforcement des pouvoirs du parlement étaient efficaces, elles ne seraient rien au fait que le principe fondamental selon lequel le pouvoir est équilibré par rapport à la responsabilité est fichu en l’air.

Dans les régimes parlementaires, le gouvernement est puissant parce qu’il est responsable. Aux Etats Unis, le Président est infiniment moins puissant que notre Président français. Or là on ne réduit pas les pouvoirs du président, on les renforce.

Le discours du président devant le parlement est une plaisanterie. L’origine historique est rappelée par le rapport Balladur. Si les parlementaires avaient interdit au Président d’aller parler devant eux, c’était pour réduire ses pouvoirs. Si on lui permet d’aller parler devant les parlementaires, cela ne va pas réduire son pouvoir, cela va au contraire l’accroître, parce que par sa présence physique, c’est sa force de conviction qui va s’exprimer devant les parlementaires. Cela va augmenter les pouvoirs du Président. Dire le contraire n’est pas sérieux.

Je pense que l’on se rapproche plus de la Russie de Poutine qu’au régime de 1848 parce qu’en 1848, il n’y avait pas de droit de dissolution. Dans ce que l’on nous propose ici, l’on ne va pas vers un régime à l’américaine, parce que notre Président sera bien plus puissant que le Président des Etats Unis. Cela ressemble au régime de Russie de Poutine parce que les pouvoirs seront les mêmes. On a le même genre de mesures dans certaines constitutions africaines. Ce qui est difficile à expliquer c’est : qu’est-ce que ça change et qu’est-ce que ça ne change pas? C’est une forme de pérénisation de tous les défauts de la 5ème République, de son déséquilibre très grave entre responsabilité et pouvoir. Et qu’est-ce que ça change? Deux choses. Ca enlève la soupape de sureté. Actuellement, on a une cocotte minute, c’est dangereux, mais on a un soupape de sécurité. C’est le fait que les parlementaires peuvent renverser le gouvernement, ce qui signifie changer le chef de l’exécutif. Demain avec cette réforme, même si les parlementaires renversent le gouvernement, ils ne changeront pas le chef de l’exécutif, puisque le chef de l’excécutif c’est quoi qu’il arrive le Président. C’est très grave. On est en train de visser le couvercle de la cocotte minute, donc on a un risque d’explosion. On affaibli les pouvoirs du peuple, parce que le peuple ne pourra plus rien contre un président qui ferait n’importe quoi en cours de mandat. Aujourd’hui, les citoyens peuvent réagir grâce à la cohabitation. C’est une soupape de sûreté. Un moyen pour le peuple de dire au Président « cette politique ne nous convient plus, vous revenez à votre rôle d’arbitre et nous, on veut une autre politique avec un nouveau chef du gouvernement ». Avec cette réforme, même en cas de cohabitation, même si la majorité parlementaire est hostile au Président, c’est toujours le Président qui gouvernera, qui dirigera, définira la politique nationale. Et on ne pourra plus rien faire contre lui pendant cinq ans.

D’autre part, la deuxième chose c’est que cette réforme risque de conduire à une réinterprétation de toute la constitution, c’est très comparable avec ce qui se passe dans la Russie de Poutine. Puisque la mission du Président aura changé, on estimera que tous les pouvoirs présidentiels devront être réinterprétés comme des pouvoirs de direction. Ses pouvoirs propres, mais aussi et surtout les pouvoirs soumis à contre-seing. Tous les pouvoirs du Premier ministre vont être réinterprétés, parce que l’on va considérer que ce sont des pouvoirs qui sont là pour lui permettre d’obéir au Président. En matière de révocation du Premier ministre comme en matière de nomination, qui est un pouvoir capital. Mais aussi, et surtout, tous les pouvoirs en Conseil des ministres. Les pouvoirs du président en conseil des ministres seront considérés comme une direction incontestable même en cas de cohabitation. Les pouvoirs du premier ministre pour diriger l’activité du parlement vont devenir des pouvoirs dominés par le Président. Cette domination ne pourra même plus être remise en cause sérieusement en cas de cohabitation. Pouvoir de domination généralisé sans contrôle, absence de soupape de sécurité : il y aura des vrais changements. Quand est-ce que ça va exploser je ne peux pas vous le dire, mais c’est dangereux, j’en suis certaine.

Tous les chercheurs qui ont analysé ce type de régime ont montré que par essence c’est un régime qui est très dangereux, parce qu’on a un homme qui est trop puissant au regard du fait qu’il n’est pas responsable. Montesquieu l’avait dit il y a très longtemps : tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, jusqu’à ce qu’il en trouve des limites. Et là le problème, c’est qu’il ne trouvera plus de limites. »

Propos recueillis par Karl Laske

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/11/marie-anne-cohe.html


De : Marie-Anne Cohendet
mercredi 14 novembre 2007
Par david castel - Publié dans : Politique Politicienne
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